La traduction anglaise du Cahier de l’Admin Debian est disponible

The Debian Administrator's Handbook Cover Je suis vraiment content qu’on ait terminé ce projet. Roland et moi avons passé tellement de temps sur ce livre depuis décembre dernier… aussi bien pour la traduction à proprement parler que pour toutes les autres choses que l’on a tendance à oublier: une jolie couverture, une mise en page agréable et irréprochable pour le livre imprimé, la coordination du travail des relecteurs, s’enregistrer comme éditeur pour avoir un numéro ISBN, etc. Je reviendrai sûrement sur certains aspects de cette aventure dans de futurs articles.

En attendant, profitez pleinement de ce livre conforme aux principes du logiciel libre selon Debian:

Consultez l’annonce officielle (il y a une remise pour ceux qui achètent le livre papier dans les 8 premiers jours).

Mes activités Debian en avril 2012

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (186,38 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

Nouvelles de Dpkg

Pour la première fois depuis plusieurs années, il y a eu une nouvelle version de dpkg (1.16.3) dont le changelog ne mentionne pas mon nom. Les 3-4 commits que j’ai effectués ne méritaient pas une entrée de changelog. Je dois reconnaître qu’il m’a été assez facile de mettre dpkg de côté compte tenu de l’ambiance actuelle avec Guillem et de comment j’ai été occupé avec mes autres projets.

Faire profil bas pendant un certain temps ne peut pas faire de mal. Mais je n’ai pas l’intention d’arrêter de contribuer à dpkg. Au contraire même, c’est une activité que j’apprécie beaucoup (habituellement).

Travail d’empaquetage

J’ai mis en paquet la version 3.0.0 de SQL-Ledger, et plus tard dans le mois j’ai parrainé le paquets de LedgerSMB, un fork de SQL-Ledger qui — contrairement à ce dernier — est développé comme un vrai projet libre.

J’ai également empaqueté la version 0.56 de Zim, et mis à jour WordPress en version 3.3.2 avec ses nombreuses corrections de sécurité.

The Debian Administrator’s Handbook

Comme depuis plusieurs mois, la plus grande partie de mon temps a été consacrée à la traduction anglaise du Cahier de l’Admin Debian. La grande nouvelle est que le fond de libération a été complété (merci à l’École Ouverte Francophone qui a fait le don nécessaire pour compléter le fond). Cela veut donc dire que le livre sera publié sous des licences compatibles aux principes du logiciel libre selon Debian (GPL-2+ / CC-BY-SA 3.0) dès sa publication.

On espère le publier la semaine prochaine (c’est-à-dire entre le 7 et le 11 mai). La sortie PDF pour le livre imprimé est quasiment prête. Il reste du travail sur la sortie HTML/EPUB et on doit aussi prépaper la publication des sources…

Souhaitons que tout se déroule comme prévu.

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in April 2012.

Le mémento Git est disponible

Un mémento, c’est court, ca doit être vite fait… c’est ce que je me disais lorsque j’ai commencé à travailler sur ce projet avec Eyrolles. D’autant plus qu’on était deux sur le coup puisque Pierre Habouzit était de la partie également (pour ceux qui ne connaissent pas Pierre, c’est un développeur Debian comme moi, mais il faisait déjà du prosélytisme pour Git alors que je ne l’avais pas encore essayé et — à l’époque — il a même contribué du code à ce formidable outil).

Mais en fin de compte, rédiger un document complet, cohérent et didactique, sur un outil aussi puissant et versatile que Git, le tout en moins de 18 feuillets de 21x10cm, ce n’est vraiment pas facile!

J’y ai investi plusieurs semaines de mon temps, à sélectionner les informations qu’il fallait intégrer, à trouver les formulations les plus claires, à faire des schémas pour illustrer l’impact d’une commande comme git rebase, etc. Mais en fin de compte, je suis vraiment satisfait du résultat.

Ce mémento n’est pas juste un aide-mémoire, il fait également office de tutoriel pour qui veut se mettre à utiliser Git. Le premier feuille présente les concepts sur lesquels cet outil s’appuie (objets blob/tree/commit identifiés par leur somme de contrôle SHA1, références symboliques pour les branches) et comment tous ces concepts s’articulent entre eux. Ensuite on apprend à créer/récupérer un dépôt Git, à y effectuer des modifications, à explorer l’historique, à annuler des changements, à restaurer d’anciennes versions et à faire le ménage dans son répertoire de travail.

La deuxième grande étape est celle où l’on apprend à créer et gérer des branches, à les fusionner et à résoudre les conflits éventuels, puis à partager le travail effectué soit par email soit avec un dépôt distant soit en publiant une nouvelle versions sous forme d’archive compressée. Au passage on découvre les commandes git bisect pour identifier un commit ayant introduit une régression, git rebase pour récrire l’historique avant de soumettre une branche propre, git svn pour interagir avec un dépôt Subversion, ainsi que toute les astuces syntaxiques et options de configuration qui permettent d’être productif avec Git.

Enfin on finit par un certain nombre de conseils pratiques, tirés de nos expériences personnelles.

Bref, ces 18 feuillets valent bien les 9,90€ de ce mémento, ne serait-ce qu’en temps gagné pour apprendre à maîtriser ce formidable outil. En plus, comme tous les mémentos Eyrolles, il est imperméable et résistant, vous pouvez le trimballer au fond du sac ou le laisser à côté de la tasse à café sur le bureau…

Retrouvez plus d’informations à propos de ce mémento sur la page dédiée que je lui consacre.

Mes activités Debian en mars 2012

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (227,83 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

dpkg

dpkg accompagné du support multiarch est maintenant disponible dans Sid, grâce à Guillem. La route fut sinueuse, et de nombreux retards survinrent même après l’annonce faite par Guillem sur debian-devel-announce. L’upload est intervenu, enfin, le 19 mars.

Je n’ai pas vraiment apprécié son annonce dans la mesure où elle n’était absolument pas coordonnée et, ayant été impliqué depuis le début, nous aurions pu la rendre beaucoup moins effrayante pour le public. J’ai finalement mis à disposition un script permettant à quiconque de vérifier s’il est affecté par l’un des problèmes potentiels soulevés par Guillem. Bien que réels, ces problèmes ont une faible probabilité d’apparition dans le cas d’un usage normal de multiarch.

Bernhard R. Link a soumis un patch ajoutant une nouvelle commande –status à dpkg-buildflags. Cette commande afficherait toutes les informations nécessaires pour comprendre quels drapeaux sont activés et pourquoi ils le sont. Elle serait naturellement appelée pendant le processus de compilation par debian/rules afin de garder une trace de la configuration des drapeaux de compilation. Le but étant d’aider le déboguage, ainsi que de rendre possible l’extraction automatique de cette information depuis les logs. J’ai passé en revue le patch et, après plusieurs itérations, ce dernier est pratiquement prêt à être intégré. Il reste néanmoins un point sur lequel Bernhard et moi sommes en désaccord, à la suite de quoi j’ai sollicité l’avis de Guillem afin de prendre une décision. Malheureusement ni lui ni personne d’autre ne s’est manifesté.

J’ai également uploadé, à la demande de Alexander Wirt, un nouveau rétroportage (backport) de dpkg dans lequel j’ai supprimé la variable DEB_HOST_MULTIARCH dans dpkg-architecture, ce afin d’être certain que le multiarch ne soit jamais activé dans d’autres backports.

Une dernière chose que je n’ai pas mentionnée publiquement jusqu’à présent : j’ai contacté Lennart Pottering pour lui suggérer une amélioration du fichier /etc/os-release qu’il essaye actuellement d’harmoniser entre les différentes distributions. Il m’est apparu que ce fichier pourrait également remplacer notre fichier /etc/dpkg/origins/default (et pas seulement /etc/debian_version), à la condition qu’il puisse aussi contenir des informations d’ascendance. Après quelques échanges, Lennart documenta de nouveaux champs officiels pour ce fichier (ID_LIKE, HOME_URL, SUPPORT_URL, BUG_REPORT_URL). La prochaine étape pour moi consiste maintenant à améliorer dpkg-vendor afin qu’il supporte ce fichier (en tant que solution de secours ou en tant que comportement par défaut, je ne sais pas encore).

Empaquetage

J’ai empaqueté quilt 0.60 (nous sommes maintenant tombés à 9 patchs spécifiques Debian, alors que nous en étions à un ébouriffant 26 pour la version 0.48 !) ainsi que zim 0.55.

En prévision de la prochaine publication upstream de Publican, j’ai demandé à l’équipe Perl d’empaqueter quelques modules Perl dont a maintenant besoin Publican. Moins de deux semaines plus tard, ils étaient tous dans unstable ! Félicitations et merci beaucoup à l’équipe Perl (et en particulier à Salvatore Bonaccorso, dont j’ai fait la connaissance alors que nous partagions le même vol lors de la dernière DebConf).

Sur un tout autre registre, être le mainteneur de nautilus-dropbox est devenu de moins en moins drôle ces derniers mois, en particulier parce que les auteurs amont ont essayé de passer outre certaines des décisions (correctes, à mon sens) d’empaquetage que j’avais prises et se sont mis en relation avec les community managers d’Ubuntu pour avoir gain de cause. Enfin, je continue à recevoir des doublons d’un bogue qui ne concerne pas mon paquet, mais le paquet officiel, pour lequel Dropbox n’a pas répondu à ma requête.

Version anglaise du Cahier de l’Admin Debian

La traduction est maintenant finie et c’est l’intégralité du livre qui est actuellement en relecture. Cela prend un peu plus de temps qu’escompté, d’une part car nous essayons d’harmoniser le style et d’autre part car il n’est pas facile de coordonner le travail de plusieurs relecteurs volontaires.

La couverture du livre est pour sa part quasi-finalisée (cliquez sur l’image pour la voir en plus haute définition) :

Nous avons également fait des progrès en ce qui concerne le design intérieur de la version papier. Je n’ai malheureusement rien à vous montrer pour l’instant, mais ça sera vraiment chouette… et fait uniquement à partir d’une feuille de style LaTeX adaptée pour dblatex.

La campagne de libération a ralenti ce mois-ci, avec seulement 41 nouveaux donateurs. Elle a néanmoins fait un joli bond en avant grâce à une généreuse donation de 1000€ de la part de Offensive security, l’entreprise derrière Backtrack Linux. Ils vont prochainement communiquer sur ce don, espérons que ça donnera un coup de boost à l’opération. Ce serait une belle réussite que de réussir à réunir les 3000€ restants dans les quelques semaines qui précèdent la publication officielle du livre !

Le livre a monopolisé mon temps de travail ce mois-ci et explique ma relative inactivité sur d’autres fronts. J’ai travaillé plus qu’à l’accoutumée, et ma femme n’arrête pas de me répéter que j’ai l’air fatigué et que je devrais aller au lit plus tôt… mais j’aperçois maintenant le bout du tunnel : si tout va bien, la publication du livre devrait intervenir dans les prochaines semaines et je pourrais alors revenir à un style de vie plus sain.

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in March 2012 contribuée par Weierstrass01.

Mes activités Debian en février 2012

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (384,14 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

dpkg et multiarch

Le mois a débuté par une décision du Comité Technique m’autorisant à procéder à l’upload d’un dpkg multi-architectures, et ce même si Guillem n’avait pas encore fini sa revue de code (ainsi que les changements associés). Compte tenu de cette décision, Guillem effectua lui-même l’envoi dans experimental.

Envoi à la suite duquel j’ai annoncé la disponibilité d’une version test, et invité les bonnes volontés à l’essayer. Tout cela a conduit à de nouvelles discussions sur la liste debian-devel.

Au cours de ces discussions, nous avons appris que Guillem avait changé son fusil d’épaule concernant la possibilité de partager deux fichiers (identiques) entre plusieurs paquets Multi-Arch: same, et qu’il avait abandonné cette fonctionnalité. Si cette dernière avait été retirée des spécifications multi-arch, cela aurait signifié encore une nouvelle mise à jour de toutes les bibliothèques déjà mises à jour pour multi-arch. À ce stade, la discussion s’est arrêtée, avec une dernière note de Guillem expliquant qu’il existait des tensions, à chaque fois que nous discutions de changements invasifs, entre choisir la facilité et ce qu’il convient de faire.

Après quelques semaines (ainsi qu’un précieux résumé de Russ Allbery), Guillem annonça que, bien que toujours pas convaincu, il réactivait ladite fonctionnalité. De plus, il ajouta avoir bientôt fini le travail, et qu’il pousserait les derniers morceaux de la branche multiarch vers la branche master du dépôt Git cette semaine (l’upload de la 1.16.2 étant planifié la semaine prochaine).

Voilà qui clôt le résumé. J’ai bien évidemment participé aux discussions, mais je n’ai pas fait grand chose de plus… Je dispose d’un « mandat » me permettant d’effectuer l’upload de la version multi-arch de dpkg vers sid, mais je n’ai pas souhaité m’en servir vu que ces discussions n’avaient pas abouties sur une conclusion claire. De plus, Guillem a été très clair sur le fait qu’il considérait l’implémentation de multiarch comme « boguée », « bancale » et « inachevée », et qu’il avait retravaillé le code afin de corriger quelques erreurs… Étant donné qu’il n’a jamais partagé l’avancement de ses travaux, je n’avais aucun moyen de l’aider, même simplement en examinant ce qu’il faisait.

Nous avons également recueilli quelques rapports de bogue en lien avec multi-arch, mais je n’ai pas pu m’en occuper dans la mesure où Guillem avait clairement la main sur la base de code, dans laquelle il a effectué de nombreux changements dans son coin… Ce n’est pas exactement comme cela que j’espérais participer à un projet de logiciel libre, mais la vie est pleine de surprises !

Je serai soulagé une fois cette histoire terminée. Pendant ce temps, j’ai ajouté une nouvelle entrée sur ma TODO list depuis ma proposition de gestion des changelogs bin-nmu, qui pourrait également corriger le bogue n°440094.

Travaux divers concernant dpkg

Après en avoir discuté avec Guillem, nous sommes tombés d’accord sur le fait que les informations de copyright devaient uniquement apparaître dans les sources, et non dans les pages de manuel, ou dans la sortie de --version. Les deux derniers cas sont soumis à traduction et demandent un effort inutile aux traducteurs lors des mises à jour. Guillem disposait déjà de codes pour gérer les chaînes --version, et de mon côté je me suis occupé des modifications concernant les pages de manuel.

J’ai intégré quelques mises à jour mineures concernant la documentation, et corrigé un bogue relatif à une page de man manquante. J’ai découvert un peu plus tard que certaines modifications récentes avaient entraîné la perte de toutes les pages de manuel traduites. Pour remédier à cela, j’ai suggéré une amélioration de dh_installman (et même préparé un patch). Guillem choisit finalement une autre manière d’installer les pages de manuel traduites.

Aiguillonné par une discussion sur la liste debian-devel, j’ai ajouté une nouvelle entrée à ma TODO list : implémenter dpkg-maintscript-helper rm_conffile_if_owner, afin de gérer le cas où un conffile est déplacé dans un autre paquet qui peut être installé (ou pas) .

Travaux divers d’empaquetage

J’ai empaqueté quilt 0.51 au début du mois. Le nombre de patchs spécifiques à Debian diminue doucement. Cinq patchs ont été supprimés dans la version 0.51, et un nouveau a été ajouté. J’ai soumis upstream, plus tard dans le mois, quatre patchs supplémentaires, qui ont été acceptés pour la version 0.60.

Cette nouvelle version (qui vient juste d’être publiée, je vais rapidement l’empaqueter) constitue un jalon important dans la mesure où elle est la première dépourvue de tout code en C (c’était le cas pour la version Debian depuis longtemps, mais au prix d’un patch intrusif). Le développeur upstream Jean Delvare a travaillé là-dessus en se basant sur notre patch, puis est allé encore plus loin pour le rendre plus efficace.

Mis à part quilt, j’ai également uploadé dh-linktree 0.2 (mise à jour mineure de la documentation), sql-ledger 2.8.36 (nouvelle version upstream), logidee-tools 1.2.12 (corrections mineures) et publican 2.8-2 (correction du bogue critique pour la publication n°660795).

Consultants Debian

Le Chef de Projet Debian travaille à fédérer les entreprises Debian. En tant que propriétaire de Freexian SARL, je ne pouvais qu’être extrêmement intéressé puisque Freexian « contribue, offre un support et trouve un intérêt stratégique à Debian ». Il n’y a qu’un seul problème : il faut deux employés au minimum, et je n’en ai aucun (je suis tout seul ) ! J’ai essayé d’argumenter en avançant que j’avais déjà travaillé, en de multiples occasions, avec d’autres développeurs Debian (en tant que sous-traitants/partenaires) lorsque les projets étaient trop conséquents pour moi tout seul (ou que je n’avais pas assez de temps). Mais cet argument a été rejeté.

À la place, et dans la mesure où notre intrépide leader n’est jamais effrayé à l’idée de proposer des compromis, il m’a suggéré (ainsi qu’à MJ Ray, qui avait avancé des idées similaires aux miennes) d’animer la liste de diffusion Debian Consultants qui, selon lui, serait plus appropriée aux entreprises d’indépendants telles que la mienne. J’ai accepté d’aider à « animer » cette liste et, de son côté, il s’est engagé à promouvoir à la fois les listes « Debian Companies » et « Debian Consultants ».

Quoi qu’il en soit, la liste « Debian Consultants » a connu un peu de trafic dernièrement et vous êtes encouragés à vous y abonner si vous êtes un indépendant proposant des services gravitant autour de Debian. Le point le plus prometteur reste la proposition de James Bromberger d’implémenter une vraie base de données des consultants, en lieu et place de l’actuelle page statique.

Nouvelles de la traduction du Cahier de l’Admin

Nous avons bien avancé ce mois-ci, et il ne reste plus qu’un seul chapitre à traduire. En conséquence, j’ai décidé de commencer la relecture, et j’ai lancé un appel aux volontaires en soumettant un chapitre différent à cinq relecteurs.

La campagne de libération a effectué un joli bond en avant, et ce grâce à sa couverture sur barrapunto.com. Nous avons ainsi atteint 80% du montant total, alors que nous n’en étions qu’à 72% au début du mois (grâce à 113 nouveaux donateurs !). Il reste moins de 5000€ à réunir pour permettre la publication du livre sous une licence libre.

Vu la progression sur ces derniers mois, il est cependant assez improbable que la somme soit réunie à temps pour la publication du livre en avril. Ce qui serait pourtant bien… aussi soyez sympas et passez le mot autour de vous !

En parlant de la publication du livre : je suis en train de la préparer petit à petit. Traduire les fichiers docbooks ne suffit pas, je dois être capable de générer des versions HTML, ePub et PDF du livre. J’utilise Publican pour la plupart des formats, mais pour ce qui est des PDF, Publican s’éloigne de fop et son remplaçant (basé sur webkit) est loin d’être satisfaisant en ce qui concerne la génération d’une version prête à imprimer. J’envisage donc d’utiliser dblatex, et de faire supporter dblatex comme backend par Publican.

J’ai embauché Benoît Guillon, l’auteur de dblatex, afin qu’il corrige certains bogues ennuyeux et qu’il améliore le logiciel afin de couvrir mes besoins pour le livre (le résultat est déjà, pour partie, dans le dépôt CVS de dblatex). Je travaille également avec un maquettiste professionnel afin d’obtenir une mise en page irréprochable.

Je me suis également lancé à la recherche d’un développeur Python Django pour la réalisation du site par lequel le livre sera commercialisé (et diffusé). L’objectif de ce site sera plus large que la simple mise en avant du livre (« aider à financer les développeurs de logiciel libre »), mais dans le monde du logiciel libre, il est toujours bon de commencer par s’occuper de son propre cas. :-)

Il reste à espérer que tout sera prêt en avril. Je travaille dur pour respecter cette échéance ! Vous devez avoir remarqué que mon blog était relativement calme le mois dernier….

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in February 2012 contribuée par Weierstrass01.

Recommandations pour le parrainage de paquets Debian

Parrainer un paquet signifie l’uploader pour le compte d’une autre personne (qui se trouve être, la plupart du temps, un nouveau contributeur voulant devenir mainteneur de paquet). Le parrainage est réservé aux développeurs Debian, car ils sont réputés connaître les tenants et aboutissants de l’empaquetage. Cet article essaye ici de documenter ce processus, afin de s’assurer que le parrain effectue un travail satisfaisant, au regard des standards Debian.

Parrainer un paquet dans l’archive Debian n’est pas une tâche triviale. Cela suppose que vous ayez vérifié son empaquetage et jugé qu’il était du niveau de qualité attendu par Debian. Voyons voir ce que vous pouvez et devriez faire dans un tel cas :

Parrainer l’envoi initial

Parrainer un tout nouveau paquet requiert une analyse méthodique de son empaquetage : compiler le paquet et tester le logiciel proprement dit n’est absolument pas suffisant ! Vous devez ouvrir chaque fichier dans le répertoire debian à la recherche de problèmes potentiels. Voici une liste que vous pouvez utiliser pour réaliser cet audit :

  • Vérifier que l’archive TAR amont fournie est identique à celle distribuée par l’auteur amont (dans le cas où les sources ont été ré-empaquetées pour Debian, il vous faudra générer l’archive par vous-même) ;
  • Lancer lintian. Ce dernier remontera beaucoup de problèmes « habituels ». Vérifier que les overrides employés pour masquer des erreurs sont pleinement justifiés ;
  • Lancer licensecheck et vérifier que debian/copyright est correct et exhaustif. Rechercher les problèmes de licences (comme les fichiers dont l’en-tête comporte « All rights reserved », ou une licence non compatible avec les principes du logiciel libre selon Debian) ;
  • Compiler le paquet avec pbuilder (ou équivalent), afin de s’assurer que les dépendances de compilation soient complètes ;
  • Rechercher les erreurs dans debian/control : est-ce qu’il suit les bonnes pratiques ? Est-ce que la liste des dépendances est complète ?
  • Rechercher les erreurs dans debian/rules : est-ce qu’il suit les bonnes pratiques ? Est-il améliorable ?
  • Rechercher les erreurs dans les scripts de configuration (preinst, postinst, prerm, postrm, config) : est-ce que les scripts preinst et postrm fonctionneront si les dépendances ne sont pas installées ? Est-ce que tous les scripts sont bien idempotents (c’est à dire qu’ils peuvent être lancés un nombre arbitraire de fois sans conséquences fâcheuses) ?
  • Passer en revue toutes les modifications faites aux fichiers amont (soit dans les fichiers .diff.gz, soit dans debian/patches/ ou directement embarquées dans le tarball debian en ce qui concerne les fichiers binaires). Est-ce que ces modifications sont justifiées ? Sont-elles proprement documentées (en utilisant DEP-3 dans le cas des patchs) ?
  • Pour chaque fichier, il vous faut vous demander pourquoi il est là et s’il constitue la meilleure manière d’atteindre le but recherché. Est-ce que le mainteneur suit bien les bonnes pratiques de l’empaquetage décrites dans la Référence du Développeur Debian ?
  • Compiler, installer les paquets, et essayer les logiciels. Assurez-vous de pouvoir supprimer et purger les paquets. Vous pouvez aussi tester les paquets grâce à piuparts.

Si cet audit n’a révélé aucun problème, vous pouvez alors uploader le paquet. Mais souvenez-vous que même si vous n’en êtes pas le mainteneur, le parrain reste responsable de ce qu’il a envoyé dans l’archive Debian. C’est pourquoi vous êtes encouragé à suivre le paquet grâce au PTS (Package Tracking System – Système de Suivi des Paquets).

Parrainer la mise à jour d’un paquet déjà existant

Vous supposerez généralement que le paquet a déjà été l’objet d’un examen minutieux. Donc plutôt que de recommencer, vous analyserez avec beaucoup d’attention les différences entre l’ancienne et la nouvelle version préparée par le mainteneur. Si vous n’avez pas vous-même effectué la revue initiale, vous souhaiterez peut-être jeter un coup d’oeil un peu plus approfondi au paquet en lui-même, juste au cas où le premier « relecteur » ait été un peu négligeant.

Pour comparer, il vous faut les deux versions. Télécharger la version source actuelle (grâce à apt-get source) et recompiler-là (ou télécharger le fichier binaire correspondant : aptitude download). Télécharger ensuite le paquet source à parrainer (la plupart du temps via dget).

Lisez les nouvelles entrées du fichier de suivi des modifications (changelog) : il devrait vous dire à quoi vous attendre. L’outil principal que vous allez utiliser est debdiff, que vous pouvez lancer avec deux paquets sources (fichiers .dsc) ou deux fichiers binaires, ou encore deux fichiers .changes (il comparera alors tous les fichiers binaires listés dans les fichiers .changes).

Si vous comparez les paquets sources (en excluant les fichiers upstream dans le cas d’une nouvelle version upstream, par exemple en filtrant la sortie de debdiff grâce à filterdiff -i '*/debian/*'), vous devez comprendre toutes les modifications qui s’affichent, et elles doivent être proprement documentées dans le suivi des modifications Debian.

S’il n’y a rien à relever, compiler le paquet et comparer les fichiers binaires, afin de vérifier que les modifications vues dans les sources n’ont aucun effet de bord (comme des fichiers supprimés par erreurs, des dépendances manquantes, …).

Il peut également être utile de contrôler l’état du paquet sur le PTS, histoire de vérifier que le mainteneur n’a rien manqué d’important : peut-être que des traductions en attente auraient pu être intégrées, ou bien le paquet a fait l’objet d’une mise à jour indépendante (NMU – Non-Maintener Upload) mais le mainteneur a oublié d’en reprendre les modifications dans sa nouvelle version. Il se peut également qu’un bogue critique pour la publication ait été laissé de côté et bloque la migration vers testing… bref : quelle qu’en soit la nature, si vous trouvez quelque chose qui aurait pu être (mieux) fait, il est temps de le dire au mainteneur de sorte à ce qu’il puisse s’améliorer la prochaine fois, et qu’il ait plus justement conscience de ses responsabilités.

Si vous n’avez trouvé aucun problème, alors il est temps d’uploader la nouvelle version. Dans tous les autres cas, demandez au mainteneur de vous envoyer une version corrigée.


Cet article a servi de base à la rédaction de la section correspondante de la Référence du développeur Debian (cf #453313). Cliquez ici pour soutenir mon travail sur la documentation Debian.

Ceci est une traduction de mon article Best practices when sponsoring Debian packages contribuée par Weierstrass01.

Mes activités Debian en janvier 2012

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (213,68 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

dpkg

La plus « importante » modification réalisée a consisté en un petit patch mettant un terme à des années de discussions récurrentes à propos des cibles build-arch et build-indep de debian/rules (cf. bogue n°229357).

Le Comité Technique s’était auparavant saisi du dossier (cf. bogue n°629385) mais avait échoué à prendre une quelconque décision. Cela nous a néanmoins permis d’obtenir des chiffres concrets sur les dommages collatéraux infligés aux archives pour chacune des méthodes envisagées. Guillem et moi-même sommes finalement parvenus à un accord sur la voie à emprunter.

Le reste de ce que j’ai accompli en tant que mainteneur du paquet dpkg n’a pas grand chose à voir avec de la programmation : j’ai passé en revue le travail qu’a effectué Gianluca Ciccarelli sur dpkg-maintscript-helper. Celui-ci essaye de mettre au point des outils facilitant la migration entre dossiers et liens symboliques. J’ai également revu le patch long de 2000 lignes de Patrick Schoenfeld : la finalité étant de mettre à disposition une API Perl permettant de parcourir les logs de dpkg, et d’en extraire des informations utiles.

J’ai mis à jour la page de manuel de dpkg-architecture en documentant l’extrait de code Makefile /usr/share/dpkg/architecture.mk, et en retirant les informations qui ne sont plus pertinentes aujourd’hui.

J’ai passé en revue un énorme patch mis au point par Russ Allbery, et destiné à mettre à jour le guide de référence Debian, ainsi que documenter l’usage des fichiers symboles pour les bibliothèques. En tant que mainteneur de dpkg-gensymbols, je ne pouvais qu’être heureux de le voir proprement documenter au niveau de la référence développeur.

J’ai abordé sur la liste de diffusion dpkg un détail qui m’a ennuyé pendant un bon moment : certaines mentions de copyright étaient embarquées dans des chaînes traduisibles et, par conséquent, les mettre à jour demandait des efforts inutiles aux traducteurs. Nous avons finalement décidé de supprimer ces mentions, et de les garder uniquement dans les sources.

J’ai mis à jour ma branche multiarch sur celle de Guillem plusieurs fois, et toutes les corrections qu’elle contenait ont été intégrées (souvent sous une forme modifiée).

Malheureusement, et même si le code fonctionne plutôt bien, Guillem ne veut rien pousser dans Debian tant qu’il n’a pas fini de tout passer en revue… et le délai que cela entraîne affecte un certain nombre de personnes. Cyril Brulebois a essayé de publier un instantané de l’état actuel de la branche multiarch dans experimental, mais Guillem est revenu rapidement sur cet upload.

Je suis quelque peu perdu face à cette situation. Il continue de travailler dans son coin malgré mes offres répétées de l’aider, il ne partage pas beaucoup de détails, excepté certains commentaires dans les logs d’envoi ou lorsque cela touche l’interface publique. Je me suis une nouvelle fois plaint de cette triste situation.

Debian Package Maintenance Hub

Il s’agit du nom de code que j’utilise pour la nouvelle infrastructure que je souhaiterais développer, afin de remplacer le Système de Suivi des Paquets actuel (PTS – Packages Tracking System) ainsi que le tableau de bord des mainteneurs et d’autres services. J’ai commencé une ébauche de proposition d’amélioration (DEP – Debian Enhancement Proposal), cf. DEP-2, et demandé l’avis des personnes impliquées dans l’équipe Assurance Qualité.

Il semble que personne n’ait pour l’instant d’objections majeures quant à l’idée directrice de ce projet, et les commentaires exprimés sont plutôt enthousiastes. Je vais continuer à peaufiner cette proposition d’amélioration au sein de l’équipe Assurance Qualité jusqu’à ce qu’elle soit mûre pour une audience plus large, comme debian-devel@lists.debian.org.

Système de Suivi des Paquets

Même si j’ai commencé à concevoir son remplaçant, le Système de Suivi des Paquets actuel continuera à être utilisé pour quelques temps encore. En conséquence, j’ai implémenté deux nouvelles fonctionnalités qui me semblaient importantes : notifier le mainteneur (via la section « TODO ») lorsqu’au moins un bogue relatif à un objectif de publication est ouvert, et afficher une notification lorsque le paquet correspondant est concerné par une transition prévue ou en cours.

Tâches diverses d’empaquetage

J’ai créé et uploadé le paquet dh-linktree, un addon debhelper permettant de créer des arborescences de liens symboliques (utiles pour remplacer les copies embarquées de bibliothèques PHP/JavaScript par des liens symboliques vers leurs équivalents empaquetés).

J’ai également empaqueté quilt en version 0.50, et aidé les auteurs upstream à intégrer un patch Debian transmis par Martin Quinson (co-mainteneur de quilt). Autres empaquetages réalisés : celui de la mise à jour de sécurité de WordPress (3.3.1), et ceux des nouvelles versions amont de feed2omb et de gnome-shell-timer.

Enfin, j’ai préparé une nouvelle version Debian de python-django, corrigeant le bogue RC n°655666, et ce grâce à un patch récupéré depuis le dépôt SVN amont.

Traduction du Cahier de l’Admin : point d’étape

Nous continuons à progresser de manière satisfaisante dans la traduction du Cahier de l’Admin Debian : 12 chapitres sont maintenant traduits.

La campagne de libération poursuit (doucement) son bonhomme de chemin : 72% de la somme totale a été atteinte (grâce à 63 nouveaux donateurs !), contre 67% début janvier.

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in January 2012 contribuée par Weierstrass01.

4 astuces pour maintenir un paquet Debian « 3.0 (quilt) » dans un système de suivi de versions (VCS)

La plupart des paquets Debian sont gérés grâce à un logiciel de gestion de versions (VCS – Version Control System) tel que git, subversion, bazaar ou mercurial. Les particularités du format « 3.0 (quilt) » ne sont pas sans conséquences sur la gestion des paquets dans un VCS, et cet article va vous présenter quelques astuces afin d’en rendre l’usage plus agréable.

(Tous les exemples présentés ci-dessous s’appuient sur l’utilisation de git comme VCS).

1. Exclusion du répertoire .pc

Le répertoire .pc est utilisé par quilt afin de stocker ses données internes (liste des patchs appliqués, sauvegarde des fichiers modifiés). Il est également créé par dpkg-source de telle sorte que quilt « sache » que les patchs sont situés dans debian/patches (et non dans patches, qui est le répertoire que quilt utilise par défaut). À ce titre, le répertoire est conservé même lorsque plus aucun patch n’est actuellemement appliqué.

Vous ne tenez cependant pas à conserver ce répertoire dans votre dépôt : il doit donc être mentionné dans la liste des fichiers exclus. Avec git, il suffit d’indiquer :

$ echo ".pc" >>.gitignore
$ git add .gitignore
$ git commit -m "Ignore quilt dir"

Le fichier .gitignore n’étant pas pris en compte par dpkg-source, le paquet source généré par ce dernier ne sera pas « pollué ».

2. Retirer les patchs après la compilation

Si vous stockez vos sources « amont » avec les patchs non appliqués (ce que font la plupart des gens) et que vous ne compilez pas vos paquets dans un répertoire temporaire prévu à cet effet, alors vous souhaitez probablement « désappliquer » les patchs après la compilation, de sorte à retrouver un dépôt dans un état « propre ».

C’est désormais le comportement par défaut de dpkg-source. S’il a dû appliquer les patchs, il les enlèvera automatiquement également.

Mais on peut tout de même forcer ce comportement en ajoutant « unapply-patches » à debian/source/local-options :

$ echo "unapply-patches" >>debian/source/local-options
$ git add debian/source/local-options
$ git commit -m "Unapply patches after build"

svn-buildpackage compilant systématiquement dans un répertoire temporaire, le dépôt est laissé exactement dans le même état qu’avant la compilation : cette option est inutile dans ce cas. Ce comportement peut également être demandé à git-buildpackage grâce à l’option --git-export-dir=../build-area/ (../build-area/ étant le répertoire utilisé par svn-buildpackage, cette option force git-buildpackage à se comporter comme svn-buildpackage).

3. Gérer vos patchs quilt comme une branche git

Plutôt que de gérer les patchs spécifiques à Debian via quilt, il est possible d’utiliser git lui-même. Avec git-buildpackage vient l’outil gbp-pq (Git-BuildPackage Patch Queue – File des patchs de git-buildpackage). gbp-pq permet l’export d’une série quilt dans une branche git, que vous pouvez alors manipuler comme vous le souhaitez. Chaque commit représentant un patch, vous devez « rebaser » cette branche afin d’éditer les commits intermédiaires. Jetez un oeil à la documentation de gbp-pq pour appronfondir le sujet.

Alternative à gbp-pq, l’utilisation de git-dpm est plus compliquée, mais présente l’avantage de conserver l’historique de toutes les branches utilisées pour générer les séries quilt de toutes les publications Debian. Son principe de fonctionnement est très bien expliqué sur son site, et vous pouvez également souhaiter lire la revue qu’en a fait Sam Hartman, qui en présente les limites.

4. Documenter la manière de passer en revue les modifications

L’un des principaux bénéfices liés à l’utilisation du nouveau format source tient au fait qu’il est dorénavant simple de passer en revue les modifications amont : celles-ci sont conservées en autant de patchs distincts proprement documentés (et, idéalement, en utilisant le format DEP-3). En utilisant les outils décrits précédemment, le message de commit devient l’en-tête du patch. Il devient donc important de saisir des messages de commit explicites.

Cette méthode fonctionne bien tant que votre méthode de travail prend appui sur les patchs Debian, regroupés dans une branche que vous rebasez sur les sources amont à chaque publication. Certains mainteneurs n’aiment pas cette méthode de travail et préfèrent voir appliquer les modifications propres à Debian directement sur la branche d’empaquetage. Ils sautent alors vers une nouvelle version amont en la fusionnant dans cette dernière. Il est difficile dans ce cas de générer une série quilt à partir du système de suivi de versions. Il faut à la place indiquer à dpkg-source de stocker toutes les modifications dans un seul patch (qui devient alors équivalent au bon vieux .diff.gz), et documenter dans son en-tête comment mieux passer en revue les modifications, par exemple dans l’interface Web du VCS.

Le premier comportement est obtenu en passant l’option --single-debian-patch, et le second en écrivant l’en-tête dans debian/source/patch-header :

$ echo "single-debian-patch" >> debian/source/local-options
$ cat >debian/source/patch-header <<END
This patch contains all the Debian-specific
changes mixed together. To review them
separately, please inspect the VCS history
at http://git.debian.org/?=collab-maint/foo.git
<Put more details here>
END

Ceci est une traduction de mon article 4 tips to maintain a “3.0 (quilt)” Debian source package in a VCS contribuée par Weierstrass01. Vous voulez d’autres tutoriels comme celui-ci ? Cliquez ici pour vous abonner à ma newsletter et recevoir les nouveaux articles par email.

Mes activités Debian en décembre 2011

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (364,18 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

dpkg et multiarch

J’avais quelques espoirs d’obtenir pour Noël, dans Sid, une version de dpkg supportant multi-arch. L’objectif était jugé réaliste par Guillem, mais celui-ci tomba malade… ce qui nous renvoie à ce mois de janvier, où rien n’a vraiment avancé.

La taille de sa branche pu/multiarch/master n’a pas vraiment diminué, et ce alors que certains de ses commits de décembre concernaient le support multi-architecture. Il nous en reste encore 36 à intégrer, et la majorité du travail qu’il a réalisé s’apparente à de la re-factorisation de bouts de code déjà intégrés. Il a également lancé plusieurs discussions concernant des changements d’interface. J’y ai participé, avec l’espoir de pouvoir de les amener à une conclusion rapide.

De mon côté, je maintiens toujours ma propre branche pu/multiarch/full, dérivée de celle de Guillem, mais augmentée de correctifs supplémentaires que j’ai réalisés, mais qui n’ont pas encore été intégrés. De plus, ma branche n’inclut pas une des modifications de Guillem : sa branche autorise en effet la mise à jour croisée de paquets entre architectures, tandis que dpkg ne gère pas encore correctement cette fonctionnalité.

J’ai commencé à travailler sur ce projet il y a un an déjà, et je ne peux qu’espérer que ce mois de janvier verra la conclusion de cette histoire sans fin. :-|

Travaux divers concernant dpkg

J’ai revu (et plus tard intégré) un patch de Kees Cook améliorant dpkg-buildflags de sorte que ce dernier puisse faire état des options de compilation renforcée activées. Cette fonctionnalité pourra ainsi permettre à des outils tels que lintian de détecter les options de compilation renforcée manquantes.

J’ai encadré/guidé Gianluca Ciccarelli qui essaye d’améliorer dpkg-maintscript-helper afin de gérer correctement le remplacement de répertoires par des liens symboliques, et vice-versa.

Je me suis occupé du bogue n°651993, de sorte que dpkg-mergechangelogs n’échoue plus lorsqu’il rencontre une version de changelog invalide. Je me suis également occupé du n°652414, de telle sorte que dpkg-source --commit accepte un nom de fichier relatif lorsqu’un fichier de patch lui est explicitement passé.

Guillem a également intégré un correctif que j’ai développé concernant le bogue LP n°369898.

Travaux d’empaquetage

Je me suis attelé à l’empaquetage de WordPress 3.3 dès que la version est sortie. L’upstream n’a pas mis à jour sa page de conformité à la licence GPL, ce en dépit du rapport de bogue que j’avais créé. Je me suis donc mis en chasse des sources requises, et les ai intégrées dans l’archive debian.tar.xz du paquet source Debian. C’est une solution assez brutale, mais qui présente le double avantage, d’une part, de permettre la clôture du bogue critique pour la publication n°646729 ; et d’autre part, de réintroduire les fichiers Flash écartés par le passé… ce qui est une bonne chose, dans la mesure où cet uploader à base de Flash est beaucoup plus joli que celui tirant parti du navigateur.

Quilt 0.50 est sortie après 2 ans de (lent) développement. Le paquet Debian comporte de nombreux patchs, et plusieurs de ces derniers ont du être mis à jour afin de tenir compte de cette publication. Certains d’entre eux furent heureusement intégrés upstream, mais cela ne me pris pas moins d’une matinée entière pour boucler cette mise à jour. J’ai également converti l’empaquetage de CDBS vers dh avec un mini-fichier debian/rules.

Zim 0.54 est sortie, et j’ai immédiatement mis à jour le paquet, car cette dernière version corrige un bogue qui m’ennuyait.

Revue de l’empaquetage de ledgersmb

En tant que mainteneur de sql-ledger (et utilisateur de ce logiciel pour ma comptabilité), j’espérais voir ledgersmb empaqueté, de sorte qu’il puisse tenir lieu de remplaçant pour ce premier. J’ai suivi tous les efforts déployés au fil du temps dans ce but, mais aucun n’a abouti à un véritable paquet Debian.

C’est vraiment dommage, et c’est la raison pour laquelle j’ai essayé d’y remédier en me proposant pour parrainer l’envoi du paquet. D’où une première revue de l’empaquetage. Cette revue a pris plusieurs heures, car il est nécessaire d’expliquer absolument tout ce qui n’est pas à la hauteur des standards attendus.

J’ai également créé un rapport de bogue/demande d’évolution pour le paquet lintian (cf. n°652963), suggérant que ce dernier devrait détecter les utilisations incorrectes de dpkg-statoverride (un exemple de « mauvaise » utilisation était présent dans le paquet de ledgersmb).

nautilus-dropbox

Je souhaitais fignoler les derniers détails du paquet dans les temps pour la sortie de la prochaine Ubuntu LTS, compte tenu du fait que le gel de l’import Debian est en janvier. J’ai ainsi intégré certaines des importantes corrections que je souhaitais apporter.

Le paquet Debian diverge de celui amont dans la mesure où les binaires non-libres ne sont pas installés dans $HOME, mais dans /var/lib/dropbox. Ma première correction a concerné un bogue qui avait pour effet une possession incorrecte des fichiers (normalement par root exclusivement). Décompresser le tarball en tant que root entraîne la réutilisation des informations de l’utilisateur et du groupe embarqués, informations ayant changé récemment du côté de Dropbox apparemment.

Nous avons ensuite identifié d’autres problèmes en lien avec la gestion des serveurs mandataires (proxy), cf. n°651065. J’ai également corrigé ce dernier, car il est relativement fréquent que le téléchargement initial déclenché durant la configuration du paquet échoue… et dans ce cas, il appartient à l’utilisateur de re-déclencher le téléchargement après avoir obtenu les autorisations appropriées via PackageKit. Sans mon correctif, l’usage de pkexec aurait entraîné la perte de la variable d’environnement http_proxy, et donc l’impossibilité pour l’utilisateur de télécharger à travers un serveur mandataire.

Enfin, j’ai également réorganisé les patchs spécifiques à Debian, ce afin de mieux séparer ce qui pourrait et devrait être intégré par les auteurs amonts, et ce dont ils ne veulent pas. Dropbox est malheureusement contre l’installation sous /var/lib/dropbox (et les changements qui en découlent), car ils tiennent à mettre à jour automatiquement leurs binaires non-libres.

Un point sur le livre

La traduction du Cahier de l’Admin Debian progresse : 6 chapitres sont déjà traduits (bien que non encore relus).

Sa campagne de libération, quant à elle, avance (lentement). Grâce à 90 nouveaux donateurs, la somme collectée est passée de 60 (début décembre) à 67% de la somme visée !

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in December 2011 contribuée par Weierstrass01.

Mes activités Debian en novembre 2011

Voici le récapitulatif mensuel de toutes mes activités gravitant autour de Debian. Si vous faites partie des personnes ayant fait un don pour soutenir mon travail (310,73 €, merci à tous !), c’est l’occasion de constater ce que je fais de votre argent. Sinon, c’est toujours quelques nouvelles intéressantes sur l’avancement de mes différents projets.

dpkg : la saga « Multi-Arch »

J’en connais beaucoup qui, tout comme moi, attendent impatiemment l’arrivée de multiarch dans unstable. Les choses avancent, pas aussi vite toutefois que je l’aurais espéré. Guillem a intégré la moitié de la branche entre le 24 octobre et le 6 novembre, après quoi la majorité du travail a été effectuée dans son dépôt personnel sur la branche pu/multiarch/master.

J’ai examiné son dépôt de temps en temps, dans la mesure où il ne m’a pas informé de ses avancées. J’ai ainsi pu noter des modifications les 10, 19, 23 et 28 novembre, ainsi que le 1er décembre.

Voilà un certain temps, Guillem avait annoncé des « modifications d’interface », mais n’a communiqué depuis qu’à propos d’un passage de l’option --foreign-architecture (à déclarer dans /etc/dpkg/dpkg.cfg) vers la commande explicite dpkg --add-architecture. Cette dernière n’ayant besoin d’être appelée qu’une seule fois (cf. ce mail). Au jour d’aujourd’hui (2 décembre), aucun autre mail évoquant des modifications d’interface n’a été envoyé.

J’ai passé en revue le travail de Guillem le 23 novembre et essayé de lancer le code de sa branche. La journée entière fut consacrée à traquer les régressions et à soumettre les correctifs correspondants à Guillem. Un tel travail fut rendu relativement simple grâce à la suite de tests que j’ai créé lorsque j’ai développé ma propre branche.

Toutes les anomalies rapportées à Guillem ont été corrigées dans la dernière version de sa branche, bien que les correctifs appliqués soient légèrement différents de ceux que j’avais soumis.

dpkg : rétro-portage vers Squeeze

En début de mois, j’ai envoyé ce que je pensais être un rétro-portage très consensuel de dpkg 1.16.1.1. Les événements ont montré que j’avais tort !

Après quelques discussions, je pense que nous sommes tombés d’accord sur le fait que seuls les rétro-portages de dpkg-dev et libdpkg-perl étaient acceptables. Mon but n’était pas d’apporter la toute dernière version de dpkg aux utilisateurs, mais de permettre aux mainteneurs de rétro-porter leurs paquets en tirant profit des dernières fonctionnalités de dpkg-dev >= 1.16 (telles que les drapeaux de compilation renforcée, les extraits de makefile fournis par /usr/share/dpkg/ ou l’interface améliorée de dpkg-buildflags).

En conséquence, j’ai modifié le paquet source pour squeeze-backports afin de compiler uniquement dpkg-dev et libdpkg-perl. Chose faite le 23 novembre, le paquet attend maintenant dans la file « NEW » qu’un administrateur le prenne en charge.

Travaux dpkg divers

J’ai intégré le patch de Colin Watson qui permet de vérifier les dépendances de compilation sur des architectures étrangères (en tenant compte du statut « Multi-Arch » de chaque paquet listé).

J’ai publié la version 1.16.1.2 de dpkg, comportant deux corrections mineures qui attendaient dans la branche sid. Je tenais à m’en débarrasser pour libérer la voie à un nouvel « upload » pour la version 1.16.2 avec le support multi-architecture. Le paquet venant juste de migrer vers testing, tout va bien.

Une journée entière a été consacrée au tri des bogues dpkg sur Launchpad, et nous en sommes maintenant à moins de 77 bogues. Un grand nombre d’entre eux étant tagués « incomplet », il est probable qu’ils expirent dans deux mois.

Le cahier de l’admin Debian

eBookUn des chapitres du livre a été rendu librement consultable, ce qui permet de se faire une idée de la qualité de celui-ci. Ce chapitre couvre les outils APT de manière approfondie : je parie que même vous qui me lisez régulièrement pourriez apprendre à sa lecture sur apt-get/aptitude !

La campagne de financement sur Ulule a pris fin ce 28 novembre, et nous avons rassemblé 24835€, grâce à 675 donateurs. De cette somme, 14395€ ont été versés au titre de la libération du livre, tandis que le complément correspond aux différentes récompenses offertes ou pré-commandes.

La traduction de ce livre est donc chose acquise (nous venons juste de la commencer), au contraire de sa libération sous une licence libre. Mais ne désespérez pas, puisque la campagne de libération continue comme prévu jusqu’à ce que l’objectif des 25000€ soit atteint !

Cette campagne permanente sera hébergée sur le site du projet plutôt que sur Ulule. A noter que toute contribution d’au moins 10€ vous garantit l’envoi d’une copie du livre électronique dès qu’il sera disponible, et ce même si l’objectif des 25000€ n’est pas encore atteint.

Système de suivi des paquets (PTS)

J’ai soumis, en début de mois, deux idées d’améliorations du PTS (Package Tracking System) :

  • Afficher les bogues ouverts correspondant à des objectifs pour la publication (n°647258)
  • Afficher un avertissement lorsque le paquet est impliqué dans une transition en cours afin d’éviter une mise à jour qui perturberait cette dernière (#647901).

Si vous codez et souhaitez commencer à contribuer à Debian et son équipe Qualité, ces bogues pourraient être un bon début. :-)

J’ai été en contact pour ces deux tickets avec la Release Team, étant donné qu’ils ont besoin tout deux en entrée de données structurées en provenance de cette équipe. Merci à Meddi Dohguy et Niels Thykier pour leur aide.

Le débat concernant la « re-localisation » du PTS a ressurgi un peu plus tard dans le courant de ce mois. Pour des raisons historiques, le PTS était hébergé sur master.debian.org, de concert avec le BTS (Bugs Tracking System – Système de Suivi des Bogues). Ce dernier a maintenant sa machine dédiée et il n’y a plus de raison pour que le PTS soit séparé du reste des services d’Assurance Qualité hébergés sur qa.debian.org (actuellement quantz.debian.org). Nous nous sommes occupés (Martin Zobel Helas et moi) de planifier sa migration, que nous avons exécutée le 19 novembre. Elle s’est parfaitement bien déroulée et pratiquement personne n’a remarqué le changement (seule une dépendance non documentée était manquante, ce qui brisa l’interface SOAP).

Travaux d’empaquetage divers

WordPress était non fonctionnel dans Ubuntu, en plus de ne plus être proprement synchronisé avec Debian, et ce du fait d’un changement quasi-inutile de leur côté. J’ai donc demandé une synchronisation, de sorte que la version de Debian soit importée dans Ubuntu.

J’ai sponsorisé l’upload de docbook-xsl 1.76.1, qui m’était utile pour Publican. J’ai ensuite uploadé Publican et ai découvert que la suite de tests levait un bogue dans fop (consigné dans le bogue n°649476). J’ai temporairement désactivé cette dernière et ait envoyé Publican 2.8 dans unstable. En parallèle, j’ai soumis deux autres bogues upstream et leurs correctifs pour des problèmes que j’ai découvert alors que j’essayais de générer le chapitre librement consultable de mon livre (cf. ici et ici).

J’ai uploadé nautilus-dropbox en version 0.7.1 et corrigé le bogue n°648215 du même coup. J’ai également procédé à un non-maintainer upload de bison afin de corriger un bogue critique pour la publication ouvert depuis longtemps, et qui m’a encore touché durant une mise à jour (cf. le bogue n°645038).

J’ai déposé sur experimental une nouvelle version de gnome-shell-timer compatible avec GNOME 3.2. J’en ai profité pour installer depuis experimental les quelques paquets GNOME 3.2 non encore disponibles dans unstable

Merci

Au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

Ceci est une traduction de mon article My Debian Activities in November 2011 contribuée par Weierstrass01.